Tokyo, ville moderne et technologique, traditionnelle et contrastée, offre de multiples manières d’être découverte et d’être expérimentée.

Alors pourquoi ne pas opter pour un petit parcours artistique et digital ? Pourquoi ne pas laisser ses sens s’évader l’espace de quelques heures et se perdre parmi les couleurs, les lumières, les sons, les ambiances.

C’est à quelques détails près ce que propose le TeamLab Borderless, musée innovant au cœur d’Odaiba, cette île qui est à Tokyo ce qu’est la cerise au gâteau.

Pour découvrir les œuvres multi-sensorielles hébergées par ce musée peu habituel, il faut se laisser porter à travers les pièces sombres, les couloirs cachés, les escaliers introuvables. Il faut passer, repasser et même re-repasser au même endroit sans peur d’être déçu. L’œuvre est vivante, elle bouge et évolue pour nous laisser à la bouche le goût d’un instant qu’on aurait loupé.

On devient partie de l’œuvre, acteur du spectacle. On se laisse aller à l’évasion et au rêve loin de l’agitation citadine et des problèmes qu’on a tous.

Quelques oeuvres en mots et en images :

  • « The Cristal World », le monde de cristal

Là, j’entre dans une pièce, d’abord sombre, puis cela s’éclaircit de points lumineux. Des goutes de lumière cristalline coulent le long d’un rideau qui trace mon chemin. Parfois, je ne vois plus le chemin, je suis perdue dans ce flux de lumière mouvante. Les couleurs changent, me projetant dans un univers à chaque fois nouveau et attirant. En baissant les yeux, je découvre cette même lumière qui remonte jusqu’à mes pieds dans ce sol de miroir. Les dimensions sont multipliées à chaque coin, l’espace se dessine avec un irréalisme provocant. Derrière les rideaux de lumière, j’aperçois tantôt des ombres mouvantes, tantôt des formes non distinguables, et même mon reflet lointain, qui réussit à me surprendre.

La pluie tombe, du haut vers le bas, du bas vers le haut. Des volants de papillons lumineux saisissent l’espace.

Pour rejoindre la sortie, je me perds.

  • « The light cave », la cave de lumière

Cette pièce est bien cachée au milieu de tout le reste. Mais attirée par une musique entêtante, je pousse la porte. Cette fois, c’est un ballet de lumière qui se joue dans cette cage de miroirs. Des centaines de spots projètent des traits lumineux à travers la pièce. Avec coordination et justesse, chaque raie de lumière suit son chemin sans faillir, dessinant un tableau harmonieux et grandiose. Je suis au coeur de l’oeuvre, au centre de cette cage circulaire. Je peux toucher la lumière de mes doigts.

Chaque pièce du ballet se clôt dans un noir silencieux, avant de reprendre un thème nouveau.

Je me sens comme actrice du dénouement d’un film à suspens, à l’issue d’une mémorable bataille de lumière.

  • « Forest of Lamps », la forêt de lampes

Après une heure d’une queue qui slalome dans le noir incertain, je peux enfin entrer dans ce bocal isolé du reste de l’espace. L’intérieur, visible de l’extérieur, devient le tout de l’intérieur. C’est dans cette bulle aquarium de verre que je découvre une forêt de lampes suspendues. La lumière tamisée et changeante qu’elles diffusent m’isole dans l’oeuvre. À nouveau, les miroirs multiplient les dimensions, donnant l’illusion d’un espace infini, d’une forêt magique sans horizon. Les couleurs changent, mais très doucement. Trop pour que je puisse noter une quelconque nuance.

Je suis un jouet enfermée dans une cage de verre, perdue dans une forêt enchantée d’une terreur écarlate.

Malheureusement, le TeamLab se ressent plus qu’il ne se décrit, mais c’est une expérience à tenter de toute urgence !

Pour en voir plus >> Galerie Photos TeamLab Borderless

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