Shibuya, c’est un mot que tout le monde connaît. Shibuya, c’est une intersection, un croisement de route. Mais c’est aussi un quartier, une ambiance, des gens, du mouvement.

Il faudrait alors trouver une façon originale de décrire Shibuya. Mais ce n’est pas si simple. Jamais en mode pause. Ce quartier ne connait pas l’inertie. Embarqué dans un mouvement effréné, il est comme une machine bruyante et imposante qu’on ne peut arrêter.

Lorsque je suis arrivée à Tokyo pour la première fois, fatiguée de mes quelques quinze heures de vol, rêvant d’un bon sommeil, je suis passée dans la gare de Shibuya. Perchée, en suspension au-dessus de la route, alors que des centaines de passagers avançaient sans penser tous dans la même direction, je me suis arrêtée devant ce spectacle immanquable.

Lumière. Foule. Bruit. Plein. Trop.

Chaque seconde, entre ces murs de béton, des milliers de personnes déposent leur trace à leur façon. Touristes, salary-men, étudiants, tout le monde s’y mélange et s’y croise plutôt harmonieusement.

Tous, dont moi, tentent d’obtenir le cliché. Celui qui pourra immortaliser le ressenti que l’on peut avoir à Shibuya. Mais aucun cliché ne peut aussi bien rendre compte de cette impression d’étouffer, mais de respirer bien quand même. Sinon observer cet éternel manège depuis le second étage du Café Starbucks-Tsutaya de Shibuya. Siroter un café chaud tout en admirant le feu rouge qui fait s’agglutiner tant de personnes jusqu’à n’en plus pouvoir sans pourtant jamais déborder. Puis lorsque celui-ci devient vert, sentir le flux qui se dissipe, les chemins qui se croisent, s’éparpillent sans se perdre. Et au second rouge, la vague humaine qui disparait rapidement, haletante, laissant la voie libre à tout ce qui roule.

On ne peut jamais se lasser de ce spectacle. Il n’est jamais le même. Chaque fois, les acteurs sont différents et le décor l’est aussi. À chaque jour, chaque saison, chaque moment de la journée, chaque spot, son propre Shibuya.

Mais il est vrai qu’à la tombée de la nuit, lorsque les lumières des néons se précisent dans le fond de noirceur, lorsque l’ambiance devient plus folle, Shibuya a une saveur bien particulière.

Beaucoup disent que le Japon est un pays de contrastes. Et bien ce n’est pas une blague ou une métaphore pour faire joli. Si on marche une dizaine de minutes à partir de Shibuya, on se retrouve en haut d’une butte avec pour seule mélodie le chant des insectes. Ça pourrait ne pas avoir de sens, mais c’est réel et surréaliste.

Shibuya, c’est un mélange de Picadilly Circus, de la Gare du Nord et de Times Square mais avec un truc en plus. C’est pourtant ce truc qui fait toute la différence.

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