Au Japon, bien sûr il y a Tokyo : première métropole du pays, sans cesse en mouvement, si grande et disparate qu’une vie ne suffirait pas à en découvrir tous les secrets.

Mais Tokyo n’est pas la première destination promue par les touristes au pays du Soleil Levant. Alors que la capitale fait de la modernité son credo, de l’excentricité sa spécialité et de l’éclectisme sa définition, Kyoto, anciennement capitale, se retient dans la tradition et veut offrir l’image et l’expérience de l’authenticité nippone.

Ainsi, partir du Japon sans avoir vu Kyoto serait peut-être comme venir en France sans passer par Paris, propos discutable me direz-vous.

Disposant d’un long week-end de quatre jours, cela s’apparente donc comme l’occasion idéale de dédier suffisamment de temps à LA ville japonaise par excellence.

Kyoto est très connue pour le nombre incroyable de temples qu’elle compte. Très célèbres, discrets, majestueux, en pleine ville ou en bordure de forêt, il y en a pour tous les goûts.

Une des choses qui m’a frappée dès mon arrivée à Kyoto est son calme. À mille lieux de l’effervescence tokyoïte, Kyoto est dans la retenue et la simplicité de ses petites rues de village. C’est une ville à taille presque humaine, et on peut très facilement s’y délacer à pied. C’est une merveilleuse façon de découvrir une ville que l’on ne connaît pas, en passant loin des sentiers battus et des boulevards touristiques.

Pour commencer ce petit périple citadin, nous nous rendons à Inari Taisha, un temple connu pour ses longs tunnels de portes rouges (dori). Il est possible de monter jusqu’en haut du petit mont au pied duquel se trouve le temple en passant pas un sentier entièrement cerclé de ces portes. Plus on s’éloigne, moins on croise de touristes et le chemin en devient encore plus agréable. Cette petite balade est pleine de poésie et de quiétude. Parfois, on peut apercevoir les toits de Kyoto au détour du parcours.

Ensuite, nous nous rendons à un temple dans les environs, Tofuku-ji. Là-bas, il est possible de visiter un splendide jardin. La féérie du lieu, bien qu’un peu altérée par la fréquentation touristique, reste agréable et laisse aller à la rêverie.

Plus tard dans la journée, nous visitons encore d’autres temple à l’est de Kyoto : Nanzen-ji et Eikan-do.

Le lendemain, c’est une journée plus pittoresque qui nous attend, loin du recueillement de la veille. Nous arpentons les rues de ville au petit matin, celles-ci sont bien calmes loin de l’agitation touristique de certains lieux. Nous traversons la rue du marché de Nishiki où vendeurs exposent toutes sortes de nourritures japonaises exotiques ou non, mais également des objets artisanaux comme de la poterie (Kyoto est très connue pour sa poterie assez typique). Puis nous continuons, traversant le parc impérial. Celui-ci doit être le parc le plus calme que j’ai vu au Japon. Très étalé, strié par de très vastes allées, il fait un peu penser au style des jardins anglais. Nous y apercevons les murs du palais impérial et de l’ancienne résidence de la famille impériale. Des réservations sont nécessaires pour les visiter et les places sont assez rares, donc nous nous contenterons d’en imaginer l’intérieur.

Au début de l’après midi, nous décidons de quitter Kyoto le temps d’un demi-journée et de nous échapper en direction d’Osaka, troisième métropole japonaise. Et oui, il faut savoir que contrairement à Tokyo, Kyoto est idéalement située dans l’archipel. À moins d’une heure de train d’Osaka, Kobe ou encore Nara, elle offre l’occasion de nombreuses escapades.

Le troisième jour, nous nous levons assez tôt pour découvrir la célèbre bambouseraie d’Arashiyama en évitant l’afflux de touristes. Cette bambouseraie est décrite comme l’une des plus belles du pays et effectivement, sa majesté impressionne. Mais elle peut être encore plus belle vue depuis le jardin du temple Tenryu-ji. Ce jardin splendide offre également un lac et un chemin au milieu des feuillages automnaux propices à l’évasion.

Puis nous nous rendons au pavillon d’or, un des sites des plus visité de Kyoto.

Plus tard, nous arpentons enfin le célèbre quartier de Gion, célèbre pour ses geisha et ses et ses petites rues traditionnelles. Alors effectivement, les ruelles sont magnifiques. Mais pour pouvoir réellement profiter de la magie du lieu, il faut s’écarter des allées touristiques où il est presque difficile de faire un pas devant l’autre. Cela fait un peu penser aux rues en pente du Mont-Saint-Michel et à ses masses de touristes.

Dans ma tête, l’image que j’avais de Kyoto était celle d’une ville paisible et résolument traditionnelle. Je pensais découvrir un ville identique au quartier de Gion, sans ses touristes et à toute l’échelle de la ville. Cependant, si maintenant je devais décrire Kyoto, je dirais que c’est une ville contrastée : d’un côté, ses temples et sites historiques et traditionnels mais remplis de touristes qui dégradent un peu le charme de la cité ; de l’autre une petite ville calme et discrète, simple et sans chichis, à l’atmosphère presque villageoise. Kyoto est l’incarnation d’un Japon entre deux eaux : pays héritier d’une tradition riche et précieuse et fier de celle-ci, il fait l’objet d’un attrait touristique grandissant. L’invasion de la masse touristique est telle que dans certaines rues de Gion, il est désormais interdit de prendre des photos pour préserver l’intimité du lieu. Le tourisme a ses avantages mais aussi ses travers : parfois il peut être très superficiel et dégrader l’esprit même des lieux. Repenser la manière dont on voyage, s’éloigner des sentiers battus, comprendre le voyage comme une découverte personnelle, non comme une course ou une quête à la consommation des lieux. Cela semble être une nécessité pour rendre viable une des choses les plus enrichissante : la découverte, la surprise et l’expérience du différent à travers le voyage.

Enfin, pour clore cette parenthèse, nous réservons le quatrième jour à la découverte tranquille et paisible de lieux plus insolites : Murin-an, un merveilleux jardin japonais qui fait presque songer au paradis, assister au festival de Novembre de l’université de Kyoto ou encore décrypter les différents types de thé matcha, spécialité de la région de Kyoto.

Et enfin, courir et manquer de louper le bus de nuit qui nous ramène jusqu’à Tokyo, des souvenirs plein le coeur.

Pour en voir plus >> Galerie Photos de Kyoto

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