S’il y a une chose qui vient en tête à n’importe qui quand on lui parle du Japon, c’est cette fameuse montagne, ou plutôt ce volcan sacré par l’Archipel depuis toujours : le mont Fuji (ou Fuji-san).

Alors quoi de mieux que la saison automnale pour enfin tenter de l’apercevoir dans toute sa splendeur et essayer de saisir sa majesté.

C’est vrai que depuis que je suis arrivée au Japon, je sens comme le pouvoir mystique qu’exerce le Fuji-san sur la pays qu’il domine. C’est un peu le jeu de qui pourra l’apercevoir enfin, depuis le haut d’une tour tokyoïte, depuis le shinkansen en direction du sud, depuis le calme d’un onsen dans le pays de Hakone, depuis l’avion avant d’atterrir sur le sol nippon ou encore depuis un petit coin gardé secret. Cependant, dans la plupart des cas, l’excitation fait souvent place à la déception de ne pouvoir observer que les nuages qui cachent le sommet du fameux mont.

Alors puisqu’il est si dur de l’apercevoir, nous avons choisi de venir à lui, jusqu’au lac Kawaguchi-ko, connu pour accueillir tout au long de l’année locaux, sportifs ou touristes qui comme nous sont attirés par la splendeur du lieu.

La ville se trouve à environ deux heures trente de bus de Tokyo, et le nombre de cars qui partent de la capitale chaque jour peut témoigner de l’engouement sans faille pour le fameux Fuji-san.

Arrivés au pied du mont, nous découvrons une ville charmante bien que très fréquentée. Par chance, le temps est de notre côté et nous offre un spectacle magnifique. Le ciel est bleu et clair, la lumière du soleil se reflète dans le miroir d’eau du lac. Et seuls quelques nuages discrets viennent caresser le sommet du Fuji-san, le rendant encore plus beau.

Afin de découvrir les lieux et de s’imprégner de cette ambiance de vacances, nous entreprenons le tour du lac à vélo, soit environ 20 kilomètres. C’est une occasion parfaite de savourer le moment, de s’arrêter là où bon nous semble, que ce soit pour admirer le paysage, prendre quelques photos, se promener sur les berges longées par des érables (momiji) d’un rouge plus rouge que rouge.

L’automne au Japon est connu pour ces érables et leurs feuillages qui se muent progressivement, troquant le vert de l’été contre la chaleur progressive d’une robe jaune, orange puis rouge. Les branches et les feuilles se transforment en cadre pour capturer et souligner la beauté du Fuji-san. Il y a même un festival qui dure tout le mois de novembre pour célébrer l’automne.

C’est vrai que j’ai déjà remarqué que le Japon est très attaché à la temporalité et aux changements de saisons. L’année est vraiment ressentie comme un cycle qui se répète certes, mais pourtant toujours de manière différente, à la fois parce que nous grandissons mais aussi parce que le paysage, l’environnement lui-même se transforme lentement. Cela me rappelle évidemment qu’en France aussi, les arbres changent de couleurs, les saisons se manifestent, décrivant chacune à leur manière la beauté des paysages. Le voyage donne l’occasion, étrangement, de s’attacher de manière particulière à cette temporalité, chose que je ne fais pas autant dans mon propre pays. C’est aussi cela voyager : relativiser que ce qui fait la différence n’est parfois que la façon dont nous choisissons de regarder les choses autour de nous.

Ce qui est aussi notable au Japon et qui peut d’une certaine manière se rattacher à la notion de temporalité, est l’heure à laquelle le soleil se couche. En automne, peu après 16 heures, le soleil disparaît et laisse place à la fraîcheur de la nuit. Alors lorsqu’on se trouve dans les petites villes comme ici à Kawaguchi-ko, il n’y a ni centres commerciaux, ni rues très animées, ni restaurants ouverts toute la nuit. Nous nous réfugions alors dans un petit café à la française (mais toujours avec cette petite touche japonaise) pour savourer un délicieux gâteau accompagné d’un thé brulant. Juste ce qu’il faut pour se sentir bien, même très bien.

Le lendemain, nous choisissons de visiter un célèbre musée à Kawaguchi-ko : le Itchiku Kubota Art Museum. Ce musée célèbre l’oeuvre de l’artiste japonais Kubota Itchiku, qui a passé sa vie à restaurer et à pratiquer l’art des kimono dont les textiles sont teints avec la méthode Tsujigahana. Le musée expose ses oeuvres, fortement inspirées de la beauté des paysages du Fuji-san différents à chaque saison. Il y a également un jardin magnifique, pensé par l’artiste et que l’on peut parcourir.

Ensuite, nous voulons nous rendre à la Pagode Chureito, très célèbre pour les nombreuses photos sur lesquelles elle accompagne le Fuji-san dans les guides de voyages ou sur les cartes postales. Cependant, c’est un peu déçus que nous découvrons un lieu très touristique, à flan de montagne et à quelques centaines de mètres d’une autoroute. Le charme n’est pas celui que nous attendions, comme quoi parfois les images sont bien trompeuses et que rien ne vaut les impressions que l’on ressent en réalité.

C’est donc avec cette deuxième nuit qui tombe que s’achève ce week-end plein de douceur et de paysages comme on les attendait.

Kawaguchi-ko, c’est un peu un comme le lac d’Annecy accompagné du charme japonais.

Pour en voir plus >> Galerie Photos de Kawaguchiko

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