Hiroshima, c’est la ville des cours d’Histoire. Marquée par une date, une heure, une tragédie. Cette ville est un témoignage, un écrin du passé visible aux yeux de tous. Mettre des mots sur la chose n’est pas facile, retranscrire l’émotion que ce lieu transmet non plus.

Alors que le typhon Hagibis angoisse la capitale, que tout le monde est en état de panique, je prends le parti de m’éloigner en direction du sud, vers Hiroshima. Ces deux villes où le chaos prend des formes différentes, est-ce une coïncidence ? Si la nature parfois se rebelle et détruit, les Hommes ne sont pas en reste. Et le coup porté est d’une forme différente dans un cas et dans l’autre.

Mais le temps parfois, sans effacer les mémoires, réussit à y laisser transparaître un élan d’optimisme. Hiroshima, c’est l’espoir d’un avenir plus beau que le passé, d’un renouveau possible, d’une leçon comprise.

Découvrir Hiroshima ne peut se faire en ignorant son histoire, le tableau en serait incomplet, partiellement vrai. Le parc du mémorial de la paix et son musée sont incontournables, non pas pour y parfaire sa culture mais pour comprendre et ressentir la ville. Ces lieux chargés et bourrés d’émotions ne laissent pas indifférents celui qui s’y aventure.

Parc du mémorial de la Paix

Marcher, poser un pas devant l’autre là où d’autres n’ont plus pu avancer. Lever les yeux vers un ciel clair, autrefois assombri par l’horreur. Sentir, entendre la joie et le vent, là où les détonations ont détruit tant de vies.

Réfléchir, comprendre, tenter. Il n’y a pas de réponses, juste des leçons à tirer.

Alors que ma génération n’a rien connu de la guerre, si ce n’est des récits ou l’histoire, il est parfois difficile de s’imaginer que cela n’est pas une fiction. Que cela n’est pas si loin. Que nous faisons partie de cet « après », de ce monde où règne une paix partielle qui ressemble plus à une tentative de maintenir un château branlant de cartes en équilibre.

Mais Hiroshima, au-delà d’être le témoignage de son nom, est aussi une ville résolument tournée vers l’avenir, vivante et optimiste. Tout y témoigne de cette envie de renaître sans oublier. Il n’y a qu’à se promener dans la galerie Hon-dori, rue commerçante et animée, ou bien à Okonomi-mura, quartier spécialisé dans les okonomiyakis d’Hiroshima, sorte de pancake japonais à base de chou et de nouilles. D’ailleurs, Hiroshima est bien connue pour toutes ses spécialités culinaires, entre fraîcheurs des agrumes et goût de mer, rappelant sa situation géographique au sud du Japon. Ainsi, gâteaux au citron, huîtres, okonomiyakis ou encore les fameux momiji monju (financiers en forme de feuille d’érable et fourrés à l’anko) sont un bonheur à savourer tout au long de la journée.

Et puis comme dans toute ville japonaise, il y a les parcs et jardins d’Hiroshima, comme celui du château ou le Shukukeien, magnifique petite bulle de nature au milieu de la ville. Dans ce dernier, on peut même croiser l’unique arbre ayant survécu à la bombe : un majestueux ginko qui surplombe la ville et nous rappelle que le renouveau d’Hiroshima reste marqué par son lourd passé.

Aussi, le matin, sous un soleil chaleureux, la joie de la ville se transmet à travers les sourires et les rires des joueurs de golf et de rugby dans ces parcs.

Profiter de l’instant, s’émouvoir de cette vie comme d’un cadeau. Hiroshima, c’est une ville dont je ne connaissais que le nom, et j’ai découverte à travers un prisme bien plus large que cela.

Pour en voir plus >> Galerie photos d’Hiroshima

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